Votre portefeuille passe de 10 000 à 14 400 €. Ça ressemble à un joli gain. Sauf que vous avez ajouté 5 000 € entre-temps. Faisons les comptes.
Backtest et paper trading : ce n’est pas la même chose
Un backtest applique une stratégie à des données historiques pour voir ce qu’elle aurait produit dans le passé. Le paper trading teste la stratégie à partir d’aujourd’hui, avec des décisions prises sans connaître la suite.
Le backtest est vulnérable au sur-ajustement : on peut créer une règle parfaite sur le passé simplement parce qu’on a testé des centaines de variantes. Le paper trading réduit ce biais, mais reste lui aussi imparfait puisque l’argent n’est pas réel.
Quand passer du fictif au réel ?
Ne vous fiez pas uniquement à un mois positif. Vérifiez d’abord que vous savez expliquer chaque ordre, que vous avez testé la stratégie sur plusieurs contextes de marché et que les frais réalistes ne détruisent pas son avantage.
- les règles sont écrites avant les trades ;
- les frais et le slippage sont intégrés ;
- la taille de position est plafonnée ;
- vous avez connu au moins une séquence de pertes ;
- vous savez quelle perte maximale vous êtes prêt à accepter.
Passer au réel, si vous le faites, peut ensuite commencer avec des montants bien plus petits que ceux utilisés dans le compte fictif.
Avant tout dépôt. Vérifiez l’entité auprès de laquelle vous ouvrez réellement le compte et son autorisation, lisez les frais et assurez-vous de comprendre les pertes possibles. Un bon score fictif ne démontre pas que vous supporterez les mêmes fluctuations avec votre épargne.
Un solde plus élevé peut cacher une perte
Vous commencez l’année avec 10 000 € dans un portefeuille. En juin, il vaut 11 000 € : jusque-là, tout va bien. Vous y ajoutez alors 5 000 €. En décembre, l’écran affiche 14 400 €.
Si vous comparez seulement le premier et le dernier chiffre, vous pourriez annoncer « +44 % ». Mais vous avez versé 15 000 € au total. À la fin, il en reste 14 400 € : vous avez perdu 600 €. L’augmentation du solde provenait du versement de juin, pas uniquement des actions.
| Moment | Valeur avant apport | Versement | Valeur après apport |
|---|
| Janvier | 0 € | 10 000 € | 10 000 € |
| Juin | 11 000 € | 5 000 € | 16 000 € |
| Décembre | 14 400 € | 0 € | 14 400 € |
Le calcul du résultat en euros est simple : 14 400 − 10 000 − 5 000 = −600 €. Si vous avez aussi retiré de l’argent pendant la période, il faut l’ajouter au résultat : valeur finale − valeur initiale − versements + retraits.
Vous avez perdu 600 € sur 15 000 € versés, soit 4 % de cette somme. C’est un repère pratique, pas un rendement rigoureux : les 5 000 € ajoutés en juin n’ont pas été investis pendant toute l’année. Diviser le gain par tous les versements ignore leur date.
Pour mesurer la performance des choix d’investissement indépendamment des versements, regardez ce qui s’est passé entre les apports. De janvier à juin, le portefeuille passe de 10 000 à 11 000 € : +10 %. Juste après l’apport, il vaut 16 000 € ; de juin à décembre, il passe à 14 400 € : −10 %.
(1 + 10 %) × (1 − 10 %) − 1 = −1 %
Le rendement sur l’année, calculé en enchaînant ces deux périodes, est donc de −1 %. Il s’agit d’un rendement pondéré par le temps : il retire l’effet des apports pour aider à comparer la gestion de deux portefeuilles. Et non, +10 % puis −10 % ne ramènent pas à zéro : une baisse de 10 % s’applique à un montant devenu plus élevé.
−600 € ou −1 % : lequel est le bon chiffre ?Les deux. −600 € mesure votre résultat en argent. −1 % décrit l’évolution du portefeuille en neutralisant le versement. La perte de 10 % est survenue après l’apport, alors qu’il y avait davantage de capital exposé : c’est pourquoi les chiffres diffèrent.
Laquelle de ces mesures devez-vous suivre ?
Si vous vous demandez « combien ai-je gagné ou perdu ? », partez du résultat en euros, après versements et retraits. Si vous demandez « mes choix d’actions ont-ils bien fonctionné ? », la performance pondérée par le temps est plus adaptée pour comparer des portefeuilles aux flux différents.
Il existe aussi un rendement pondéré par l’argent qui tient compte du montant et de la date de chaque versement. Il répond davantage à « quel rendement ai-je personnellement obtenu avec mon calendrier de dépôts ? ». Son calcul est plus complexe ; votre courtier ou un tableur peut l’afficher sous le nom de taux de rendement interne. Vérifiez toujours la méthode employée avant de comparer deux pourcentages.
Attention à ne pas traiter une transaction comme un apport : acheter une action avec le cash déjà présent dans le compte déplace simplement de l’argent à l’intérieur du portefeuille. Un dividende encaissé dans ce même portefeuille fait partie de sa performance ; il ne s’agit pas non plus d’un nouveau versement personnel.
Supposons que votre portefeuille fasse +8 % et qu’un indice fasse +6 %. Vous avez fait 2 points de pourcentage de plus sur cette période. Encore faut-il comparer les mêmes dates et des performances exprimées dans la même devise.
Regardez aussi si les dividendes sont inclus. La version « cours » d’un indice ne les réinvestit pas ; sa version « rendement total » les comptabilise selon sa méthode. Un portefeuille dont vous incluez les dividendes comparé à un indice qui les exclut part avec un avantage artificiel. Les frais et la fiscalité peuvent ajouter d’autres écarts.
Pour refaire le calcul sur votre propre compte, relevez quatre choses : valeur au départ, dates et montants des versements ou retraits, valeur juste avant chaque flux, valeur à la fin. Gardez ensuite un œil sur la taille des positions : un résultat positif obtenu grâce à une seule action très concentrée n’apprend pas la même chose qu’un résultat réparti entre plusieurs idées.
Vous pouvez commencer avec un portefeuille virtuel pour noter vos choix, puis consulter notre guide sur la lecture d’un classement. Le plus utile n’est pas d’obtenir un chiffre flatteur : c’est de savoir expliquer d’où il vient.
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Découvrir GoldenBoys GoldenBoys édite ce blog et l’application mentionnée. Les portefeuilles sont fictifs. Les exemples servent à comprendre les mécanismes, pas à recommander un placement. Les simulations ne garantissent aucun résultat avec de l’argent réel.