1. Comprendre le modèle économique
Écrivez une phrase : « Cette entreprise vend X à Y et gagne de l’argent grâce à Z ». Puis identifiez les variables qui font bouger les ventes : nombre de clients, prix moyen, fréquence d’achat, volume ou capacité de production.
Le chiffre d’affaires automobile peut être simplifié en nombre de véhicules livrés × prix de vente moyen. Une hausse des livraisons peut donc être compensée par des baisses de prix. Regarder uniquement le volume masque parfois la pression sur les marges.
2. Chercher un avantage concurrentiel mesurable
Un avantage concurrentiel peut être une marque, un effet de réseau, une technologie, une distribution, des coûts plus faibles ou des coûts de changement élevés pour le client. L’important est de chercher la preuve économique : marge supérieure, rétention, parts de marché ou coût unitaire plus faible.
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Découvrir GoldenBoys3. Étudier la croissance et sa qualité
Comparez au moins trois années si possible. Une croissance régulière est souvent plus lisible qu’un seul trimestre spectaculaire. Décomposez également croissance organique, acquisitions et effets de change lorsque l’entreprise les publie.
4. Marges et free cash-flow
Une entreprise peut afficher une croissance forte et une rentabilité qui se dégrade. Suivez marge brute et marge opérationnelle. Puis comparez le bénéfice au free cash-flow.
Le free cash-flow retire les dépenses d’investissement du cash-flow opérationnel. Une société qui doit investir 10 milliards par an pour maintenir son activité n’a pas la même économie qu’une société logicielle ayant peu de capex, même si leurs bénéfices comptables semblent proches.
5. Dette, trésorerie et dilution
Regardez la dette brute, le cash et les échéances. Une dette importante n’est pas automatiquement mauvaise si les flux de trésorerie sont stables, mais elle réduit la marge de manœuvre.
Vérifiez aussi le nombre d’actions diluées. Si le bénéfice total progresse de 10 % mais le nombre d’actions de 12 %, le bénéfice par action peut reculer malgré la croissance du résultat.
6. Valorisation : transformer les attentes en chiffres
Supposons une action à 100 € et un BPA attendu de 5 €. Le PER prospectif est 20x. Si vous pensez que le BPA peut atteindre 10 € dans cinq ans et que le marché valorise encore la société à 20x, le cours théorique serait 200 €. Mais si le multiple tombe à 12x, le même BPA de 10 € donnerait 120 €.
| Scénario dans 5 ans | BPA | PER | Cours théorique |
|---|---|---|---|
| Optimiste | 10 € | 22x | 220 € |
| Central | 10 € | 16x | 160 € |
| Prudent | 8 € | 12x | 96 € |
Ce petit tableau montre pourquoi la performance dépend à la fois de la croissance des bénéfices et du multiple que le marché acceptera de payer. C’est le risque de compression du multiple.
7. Définir ce qui invalide la thèse
Avant d’acheter, écrivez la mauvaise nouvelle qui vous ferait réellement changer d’avis : marge sous un seuil, dette trop élevée, perte d’un client clé, ralentissement structurel ou dilution excessive.
Une baisse de 15 % du cours n’est pas, à elle seule, une invalidation. Parfois la thèse est intacte et le prix a simplement changé. Parfois l’information fondamentale a changé avant le cours : c’est ce que votre checklist doit détecter.
Checklist finale
- Je peux expliquer le business en trois phrases.
- Je connais les deux moteurs de croissance principaux.
- Je connais marge, cash-flow et dette.
- Je sais si le nombre d’actions augmente.
- Je peux expliquer le ratio de valorisation utilisé.
- Je connais trois risques spécifiques.
- Je sais ce qui invaliderait ma thèse.